Note d’intention de l’auteur

Au moment de poser les premières lignes de ce roman pour raconter la musique dans sa réception, dans son éclosion, pour parler de composition, pour refléter la vibration du son et l’intensité du chant, j’en sentais l’inéluctable écriture sans avoir encore trouvé le sujet.

Alors que je pensais forger un compositeur fictif et son monde intérieur pour ce faire, un ami me demanda quelle avait été la vie de Giacomo Puccini. Simultanément, je me suis rendu compte que je ne le savais pas au sens strict (ayant bien évidemment une petite connaissance du sujet de par mes études d’histoire de la musique) et, d’autre part, qu’il n’existait pas vraiment d’ouvrage francophone pour faire vivre ce personnage dans une dimension romanesque.

J’ai découvert surtout que je savais intimement la vie de Puccini et que je la connaissais de l’intérieur, par la pratique de ses airs sensuels, éblouissants et paroxysmiques.

Je me suis imposé de ne pas lire d’abord de biographies de Puccini, pour garder la sécurité de ce sentiment familier.

J’ai découvert ensuite qu’il avait parlé de la composition, de ce qui l’animait. Je voulais croire qu’il avait si bien réussi à transmettre ses motivations dans sa musique que son savoir-faire lui-même devait être une évidence à laquelle j’accéderais.

C’est après avoir écrit presque complètement Puccini l’aimait que j’ai vérifié, lu, cherché et constaté la justesse de ce que j’avais pressenti.

Simplement inspirée par son œuvre, je n’avais pas prévu pourtant que ce roman aurait des ressorts si dramatiques — par le destin même de ses protagonistes — et j’ai eu l’impression d’en être la première lectrice, émue dans cette traversée de passion et de bouleversements.